L'évolution de la Photographie : un parcours étonnant !

Du sténopé à la photographie couleur

Etudier et s'intéresser à la photographie c'est aussi avoir assez de recul pour pouvoir comparer l'évolution de cette pratique ancrée dans notre monde actuel. Alors que les innovations se succèdent sans répit et que la photographie est sans cesse renouvelée, il faut comprendre que ces procédés et cette technologie se sont construit au fil du temps, et qu'il n'y a pas un siècle encore, la photographie en couleurs se développait à peine. Il serait intéressant de comprendre l'histoire de la photographie dès lors qu'on s'y intéresse, être témoins de cette formidable évolution et en comprendre les étapes c'est peut-être pouvoir mieux apprécier notre technologie actuelle.

 

De manière quelque peu abusive, les origines de la photographie pourrait remonter au IVème siècle avant JC ! En effet c'est à cette date qu'Aristote, un grand philosophe Grec, et qui comme de nombreux philosophes était animé d'une curiosité pouvant s'étandre dans tous les domaines, découvrit pour la première foi le processus qui permet la production d'une image !

→ Il avait observé que si des rayons lumineux traversaient un petit trou donnant sur une pièce plongée dans le noir, hermetiquement fermée à la lumière, l'image de l'objet en face de ce trou se projetait à l'envers sur la face qui lui est opposé. Ce principe fut nommé plus tard, la "camera obscura", la chambre noire.

Camera obscura                                                              Ici illustré le principe de la "camera obscura"

Ces découvertes et observations furent pendant un temps laisées et oubliées....Ce n'est que vers le XVIème siècle, lors des commencements de la renaissance, que des lors de nombreux esprits, partant à la redécouverte des savoirs anciens de l'antiquité, décidèrent de mieux considérer et de remmetre au gout du jour le principe de la camera obscura. En 1515, Léonard de Vinci décrit la chambre noire, il metta au point un appareil portatif qui peut en quelque sorte être considéré comme le premier appareil photo, on le nomma le sténopé. Celui ci fut l'objet de nombreuses innovations dès sa conception, on ajouta une lentille pour converger les rayons lumieux et profiter d'une quantité de lumière appréciable, on ajouta aussi un miroir qui redirige les rayons sur une plaque de verre permettant ainsi de pouvoir observer l'image plus aisémment. 

Camera obscura schema                                                                     Ici un sténopé déjà plus sophistiqué 

Le problème se posa rapidement, comme quoi ce dispositif ne permettait pas de pouvoir enregistrer l'image produite, de la stocker et de pouvoir l'emporter partout avec nous. Dîtes vous qu'avec un tel appareil pour pouvoir profiter de l'image d'un paysage il fallait emporter ce dernier avec nous, l'image disparaissait dès lors qu'on remballait avec nous l'appareil.... Pourtant le problème resta quelque temps en supens. Et ce n'est au final qu'après avoir commencer à étudier certains composant qui noircissent lorsqu'on les exposes à la lumière comme des sels d'argents, que l'on commençat a créer les premiers supports.

En 1826 c'est Joseph Nicéphore Nieps qui imagina et testa le premier support photo, sa démarche fut la suivante :

- Le matériel utilisé était une planche d'etain ainsi que du bitume de judée.

- Premièrement on dissolvait du bitume de judée dans de l'essence de lavande.

- On l'étallait par la suite sur la planche d'etain.

- Celle ci était ensuite éxposée à la lumière dans la chambre noire durant un temps de pose de plusieurs jours...

- On trempait ensuite cette planche d'etain dans un bain d'essence de lavande diluée : les parties qui n'avaient pas étés éxposés à la lumière étés alors dissoutes et le bitume non durcie retombait dans le bain.

L'image obtenue à l'issu de ce procédé en 1827 est celle ci : 

Le point de vue gras 1ere photo joseph nicephore niepce 1827                               Cette image est la première photographie de l'histoire elle a été réalisé par J.N Niepce en 1827 et nommé "Le point de vue du Gras"

En 1838, le photographe français Louis Daguerre, met au point le premier dispositif qui comprend une étape de développement, il le nomme le daguerréotype.

On plaçait une plaque d'argent ou de cuivre recouverte de fines couches d'iodure d'argent dans une chambre noire, dans laquelle on la soumettait à des vapeures de mercure. L'image latente, c'est à dire l'image invisible, se former lors de l'exposition à la lumière. On fixait ensuite l'image en l'immergeant dans de l'eau saturée de sel. A la fin de ce processus la photographie obtenue était directement positive...

En 1839 Hippolyte Bayard, donne lieu à un procédé permettant l’obtention directe d’une photographie positive sur papier, sans avoir besoin de la fixer.

Daguerreotype giroux camera

                                                                                               Ici un daguerréotype

Portrait de balzac au daguerreotype                                                           Exemple de photographie au daguerréotype, ici portrait d'Honoré de Balzac par Nadar 1840

Toutefois on note rapidement un principal défaut à cet appareil : effectivement le procédé ne permet que l’obtention d’une unique image qui ne peut être reproduite. De plus celui-ci est relativement compliqué ainsi seules certaines personnes étaient en mesure de profiter pleinement de l’appareil.

Ainsi après avoir repris ses recherches sur la photographie, l’Anglais William Henry Fox Talbot fit breveter son procédé qu’il nomma « le calotype » (du grec Kalos : beau et Typos : impression), celui-ci permet la reproduction d’une image par le biais d’un négatif dit intermédiaire sur une feuille de chlorure d’argent.

-Ce négatif est obtenu à partir d’une plaque de cuivre ou d’argent préalablement recouverte d’une couche de chlorure d’argent (ou d’iodure d’argent), qu’on expose à la lumière dans une chambre noire, et dont on révèle l’image latente grâce à un produit chimique qu’on appelle en photographie le « révélateur » ; dans ce procédé le révélateur utilisé est une solution d’acide gallique et de nitrate d’argent.

Negatif intermediare calotype                                                                      Sur cette image un négatif intermédiaire qui sera utilisé dans le processus du calotype

- On expose ensuite une seconde feuille recouverte aussi de chlorure d’argent à travers le négatif, c'est la mise en contact,  pour donner la photographie positive.

Calotype      La figure représente ici un dispositif facilitant la mise en contact du négatif avec la zone sensible : un sorte de cadre qui les maintiens collés l'un à l'autre pendant un certain temps                 

 

Ainsi à partir d’un même négatif ce procédé nous permet de reproduire indéfiniment un nombre indéfini de photographie. Encore aujourd’hui ce procédé est utilisé dans le monde de la photographie, principalement en raison de sa simplicité. Car en effet c'est sa simplicité qui à progressivement permis à la photographie d'être accessible au grand publique, à la société.

Le Calotype est le sujet de nombreuses innovations qui vont toutes participer à son développement et son succès : L'iodure d'argent est remplacé par du Bromure d'argent jugé plus sensible, la transparence du négatifs du calotype fut elle aussi améliorer en remplaçant le papier par du verre, l'adhésion entre le négatif et la feuille de bromure d'argent fut renforcer en utilisant premièrement de l'albumine (du blanc d'oeuf), puis du collodion et enfin de la gélatine.

Mais ce fut l'Américain Georges Eastman fondateur de Kodak (entreprise qui existe encore de nos jours), qui conçu en 1888 les premiers supports souples et transparents destinés à la photographie sous la forme d'un ruban de nitrate de cellulose, matière brevetée par John Wesley Hyatt (1870) remplaçant alors définitivement les plaques en verre en faisant office de nouveaux support pour les négatifs. C'est entre autre le début de la pellicule photographique.

Films souples et transparents kodaks pour negatif 1888                                                                                 Un paquet de pellicules Kodak " For 100 Negatives" 

Mais à ce monde de la photographie en plein essor, il ne manquait plus que des appareils capables de restituer des images en couleurs... Et bien sur rien n'a arreté la marche de ce secteur en constant développement, ainsi le premier procédé permettant la photographie en couleur vit le jour en 1861 grace au physicien écossais James Clerk Maxwell et ses théories sur la trichromies ainsi que la synthèse additive. Le principe était très simple : réaliser 3 tirages différénts du même sujet correspondant aux 3 couleurs primaires Rouge, Bleu et Vert. Pour cela il n'eut qu'à utiliser les appareils et les procédés de son époque en rajoutant seulement une plaque de verre correspondant à l'une des 3 couleurs primaires pour chacune des photos. Après traitement il ne lui restait plus qu'à superposer les trois photographies, le principe de synthèse additive s'appliqua donc et la photo fut la suivante : 

Premiere photographie en couleur de l histoire 1                                         Photographie de James Clerk Maxwell considérée comme la première en couleur, elle montre un ruban écossai
 

En 1869 cette expérience est retenté par le français Louis Ducot déjà le résultat est plus fidèle à la réalité, mais il faudra encore attendre avant que la photographie en couleur atteigne le large publique par des procédés simples. 

En 1903 les frères Lumières (Auguste et Louis), mettent au point un procédé de couleur monoplaque, c'est à dire un procédé qui ne passe pas par plusieurs tirages et donc par plusieurs plaques comme nous l'avons vu avec Maxwell. Il reprend le principe de la trichromie, de la synthèse additive mais cette fois aussi sur une seule plaque par adjonction d'une mosaïque de microfiltres des 3 couleurs primaires réalisées à partir de grains de fécules de pomme de terre. Le procédé est simple et conquit rapidement les amateurs.

Autochrome lumieres                        Aspect de l'autochrome des frères Lumières : on remarque les grains qui donnent les 3 couleurs primaires ainsi que la dominance de rouge.

Nous sommes alors en 1936 lorsque le principe fut repris par la société Afga, mais différemment. On utilisait une couche constituée de 3 couches superposées sensibles respectivement au Bleu, au Vert et au Rouge. Pour la révélation de l'image latente, un révélateur avait été conçu, permettant de colorer chacune des couches dans la couleur de sa spécialité. Une fois les 3 couches colorées, leur superposition suivant la trichromie donner une image de couleur.

En 1935 ce procédé fut encore une fois repris et amélioré par les deux américains Leopold Godowski et Leopold Mannes, il fut racheté par Kodak qui s'imposait déjà dans le monde de la photographie.

Dès lors 45 ans s'écoulèrent, rythmés par des innovations constantes, s'appuyant toujours sur le principe de la trichromie désormais ancré dans la photographie. On vit les pellicules colorées chez Kodachrome d'une part et chez Afga de l'autre s'imposer, l'apparition du  premier "PolaroidLand" (1947) permettant l'obtention quasi instantané d'une photographie positive, le "Polaroid" couleur (1963) qui alla encore plus loin. 

Pellicules couleurs kodachrome                                                                     Des pellicules colorées de chez Kodachrome

Premier polaroidland 1                                        Le premier appareil photo " instantané" , d'Edwin H. Land, le "PolaroidLand"  apparu en 1947 

Les techniques s'affinèrent avec l'apparition des premiers appareils photo dit "Reflex", à l'origine des photos d'Appolo 8, et des dispositifs d'auto-focus.

Premier appareil photo reflex a l origine des photographies prises lors d apollo 8                                                                                   L'un des premiers appareils photo dit "Reflex" 


Photographie prise du premier appareil photo reflex lors d apollo 8                 Ce sont les premiers appareils photo reflex, qui furent à l'origine des photographies prises lors de la mission lunaire d'Appolo 8.